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Dayz

FRACTERRA | Le Monde d'Après

Serveur Dayz

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n°132 0

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Serveur avec accès public

Description

Il y a dix ans... le ciel s’est déchiré.
Ce n'était pas seulement une explosion. C'était un hurlement sismique, une onde de choc d'une violence absolue qui vous retournait les tripes avant même d'atteindre vos oreilles. Puis, le blanc. Un flash aveuglant, total. Sans meme nous en rendre compte, en un instant, le monde avait changé de couleur. Une fumée orange, épaisse et granuleuse, flottait partout... comme de la rouille en suspension dans l'air.

On pensait à un accident industriel. Une fuite chimique qui finirait par se dissiper. On s'accrochait à l'idée stupide que demain ressemblerait à hier. À la radio, les voix tremblantes des présentateurs bégayaient des consignes de confinement. Alors, on a obéi. On a calfeutré les fenêtres, verrouillé les portes.  La première nuit a été calme. Trop calme. Je fixais ma femme dans le noir, lui murmurant que tout irait bien. Je mentais. L'instinct, lui, savait déjà que le monde venait de mourir.

Mais dehors... la réalité nous dévorait.
Le silence a été brisé par le chaos mécanique : le fracas des tôles froissées, les moteurs qui hurlent avant de s'éteindre pour toujours. Et puis, les cris. Ce n'étaient pas des appels à l'aide. C'étaient des bruits de lutte primitive, suivis de ce son que je n'oublierai jamais... le craquement sec des tissus que l'on déchire et le bruit humide de la mastication. Une semaine plus tard, le courant a lâché. L'eau a cessé de couler. L'obscurité est devenue notre seule compagne.

À la deuxième semaine... la soif a eu raison de ma peur. Je suis sorti pour atteindre les fontaines publiques. C'est là que j'ai vu que la folie avait pris racine. Mon voisin était là, debout sur son perron, immobile. Il tenait ses propres entrailles entre ses mains, les regardant avec une curiosité absente, le regard vitreux. À chaque expiration, une fine vapeur orange s'échappait de sa bouche, comme si ses poumons s'effritaient. J'ai reculé, le cœur battant . J'ai compris à cet instant qu'il n'y avait plus de secours. Plus de gouvernement. Plus de civilisation. Plus rien.

Sur la route, nous n'étions plus des citoyens, mais des bêtes traquées. On croisait d'autres fuyards, les yeux fous, parlant d'un dernier sanctuaire : une île, en face d'Elektrozavodsk. Un espoir dérisoire auquel on s'est accroché comme des naufragés à une planche pourrie.

Nous avons marché des heures sous un soleil de plomb qui semblait cuire la brume orange. La soif est devenue une torture. Nos langues étaient comme du papier de verre. On est tombés sur une vieille fontaine de village... mais l'eau qui en sortait était visqueuse, d'un orange sombre, presque métallique. Je savais que c'était un poison, que la terre elle-même était souillée. Mais on a bu. On a bu cette mélasse parce que mourir empoisonné semblait plus doux que mourir desséché.

 Arrivés sur la côte, le rêve s'est brisé. Le sanctuaire est devenu une fosse commune. Tout le monde avait eu la même idée. L'île n'était pas un refuge, c'était un piège. Elle grouillait de monde, une masse humaine compacte et désespérée. Très vite, l'odeur de la sueur a laissé place à celle de la charogne. On s'entretuait pour une croûte de pain rassis. La morale s'est évaporée en quelques jours. Et au milieu de cette foule affamée... les morts ont fini par se relever. Le sanctuaire est devenu un abattoir à ciel ouvert.

Nous avons dû fuir l'île pour regagner les terres intérieures. Aujourd'hui, le monde est figé. Plus aucun moteur ne démarre ; l'essence a été siphonnée, gaspillée, ou s'est transformée en boue inutile. Les routes ne sont plus que des cimetières de ferraille rouillée où le vent siffle entre les carcasses.

Ce n'est plus de la vie. C’est une existence de rats. On a appris à être malins, à être cruels quand il le faut. La raison du plus fort n'est plus un dicton, c'est la seule loi qui reste. Nous marchons dans un silence de cathédrale, ma femme et moi. Main dans la main. En priant pour que le craquement des os sous nos bottes ne réveille pas ce qui rôde, là-bas, derrière le voile orange de la brume.


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